La sophrologie dans l’émission « Un soir à la Tour Eiffel »

C’est au cours de son émission « Un soir à la Tour Eiffel », diffusée en direct le 27 mai 2015 sur Fr2, qu’Alexandra Sublet pose la question de l’alternative à une médecine traditionnelle. Aujourd’hui, l’hypnose, la sophrologie, l’acupuncture, l’homéopathie – les médecines dites douces, complémentaires – connaissent un essor extraordinaire. Pourquoi ? Sont-elles efficaces ? S’opposent-elles à la médecine traditionnelle ? Les médecins Gérald Kierzek et Frédéric Saldmann, la sophrologue Catherine Aliotta et l’hypnotiseur Messmer* nous répondent.

L’attrait de ces médecines complémentaires peut sembler d’abord paradoxal. Alors que la médecine allopathique progresse et que ses techniques sont de plus en plus performantes, 75% des Français se sont tournés, au moins une fois en 2015, vers un thérapeute non conventionnel. La médecine traditionnelle ne suffit plus, car même si elle soigne, elle ne répond pas toujours aux attentes des patients. Tandis que la médecine traditionnelle s’attache au traitement en s’appuyant sur une base générale de soins, les médecines complémentaires s’attachent à l’individu dans son unicité, dans sa volonté thérapeutique (choix du traitement lorsque c’est possible). Aujourd’hui, l’individu est moins attiré par la technique performante que par sa propre autonomie dans le choix de ses soins. Il saisit l’opportunité de prendre sa santé en main. Le médecin prend alors conscience de la force du patient qui veut guérir. Patients et médecins, après un diagnostic nécessairement médical (donc effectué par un médecin afin d’éviter toute erreur de soin et trouver la thérapie la mieux adaptée), se tournent vers les techniques et pratiques qu’on désigne sous l’expression de médecines complémentaires, et non plus alternatives. Les médecines douces n’apparaissent donc plus comme des soins de substitution (comme une alternative), mais bien comme des soins de support (un complément). Cette légitimité explique aussi l’attrait croissant des Français pour ces médecines.

L’émission se focalise ensuite sur l’hypnose et la sophrologie. La médecine ne reconnait aucun des deux, mais y porte un intérêt important. Ces deux techniques s’installent à l’hôpital, et deviennent indispensables aux médecins qui rajoutent ces compétences à leur savoir. Face à des addictions et des pathologies graves diverses (psychiques ou lourdes, comme des cancers), l’hypnose est utilisée. Elle sert aussi d’alternative ou de complément à l’anesthésie. Il faut choisir la thérapie la plus adaptée, et éviter autant que possible la prise de médicaments. Evidemment, la thérapie médicamenteuse est parfois le seul moyen, et il faut bien sûr y recourir. Mais il y a d’autres points où la médecine n’est pas formidable, comme l’insomnie, le stress, qu’il vaut mieux tenter de résoudre sans passer par la prise de médicaments. Ces deux derniers motifs sont d’ailleurs récurrents chez les hypnothérapeutes et les sophrologues.

Messmer vante la sophrologie, bien plus que l’hypnose thérapeutique qu’il a lui-même pratiquée. Il se servait beaucoup de la sophrologie lors de cette activité. La sophrologie est une technique qui enseigne aux personnes à faire elles-mêmes l’action, en descendant dans un état second. Cela amène en fait à un état de détente profonde, moins basse qu’en hypnose, puisqu’il est possible de réagir à tout moment. Le niveau de vigilance est abaissé à l’état entre veille et sommeil. On peut alors amener des suggestions positives, en aidant les gens à retrouver leurs ressources, leur potentiel, le sentiment de confiance et de vitalité. La sophrologie apprend à faire, au lieu de se laisser guider, ce qui offre au pratiquant (le sophronisé) une véritable autonomie. Dans le cadre d’une pathologie, cette technique permet de gérer l’aspect émotionnel, d’apporter un mieux-être au fil du soin. On peut même apprendre à gérer la douleur, grâce à des exercices de respiration et de décontraction musculaire. Ainsi, on ne guérit pas le cancer avec la sophrologie, mais on peut rendre la lourdeur du traitement plus supportable et de façon naturelle. Ces techniques entraînent souvent aussi un meilleur sommeil.

La sophrologie se légitime donc de plus en plus, non pas comme une technique à part et en dehors du monde médical, mais comme un moyen d’aider les gens à prendre en main leur vitalité, leur énergie, en apprenant à puiser dans leurs propres ressources. Dans le cadre médical et hospitalier, patients et médecins prennent conscience de ce complément indispensable pour rendre une thérapie plus supportable et pour impliquer le patient dans son traitement.

Une série d’articles de ma main paraîtra dans quelques semaines sur la sophrologie face aux pathologies.

Un soir à la Tour Eiffel

* Gérald Kierzek : médecin, anesthésiste, réanimateur, urgentiste

Frédéric Saldmann : médecin, cardiologue, nutritionniste

Catherine Aliotta : sophrologue, fondatrice de l’Institut de Formation à la Sophrologie, présidente de la Chambre de Sophrologie

Messmer : hypnotiseur et show-man de son spectacle « Messmer le fascinateur ».