Etat sophroliminal : qu’est-ce donc, à quoi ça sert ?

Comme on l’a vu la semaine dernière, le principal point commun entre hypnose et sophrologie concerne l’état de conscience modifié, celui qui se situe entre veille et sommeil. Il faut déjà mieux comprendre ce qu’est cet état, car c’est dans ce contexte que l’hypnose et la sophrologie peuvent intervenir, mais pas de la même manière…

Le cerveau produit diverses ondes, qui caractérisent l’état de conscience dans lequel il est. En état de veille, le cerveau est en ondes bêta, c’est notre conscience quotidienne. Lorsqu’on dort, ce sont les ondes theta. Entre les deux, il y a les ondes alpha, qui sont celles de cet état de conscience modifié dont j’ai parlé la semaine dernière. Ces ondes alpha sont d’ailleurs visibles sur un Electro-Encéphalogramme (EEG). En sophrologie, on appelle cet état « état sophroliminal ». Dans ce moment, les mécanismes de défense psychique et les filtres sont diminués, donnant ainsi à l’individu accès à une part de conscience qu’il ne connaît pas lors de l’état de veille. Les sensations sont alors décuplées. On peut alors, dans cet état, modifier ses propres croyances ou perceptions, en stimulant la mémoire, en exacerbant les perceptions internes et externes. En quelque sorte, rendre réelle l’imagination et la projection mentale. On peut aussi prendre du recul, relativiser, et surtout pouvoir s’écouter soi-même et se connaître, s’accepter. On peut dès lors augmenter nos motivations, nos envies, notre concentration.

C’est sur cet état que travaillent l’hypnothérapeute et le sophrologue. Ils vont entraîner l’individu dans cet état sophroliminal afin que le client puisse avoir accès à ses ressources. Pour plonger l’individu dans cet état, les deux praticiens ont recours à une méthode. C’est là que nos différences commencent à apparaître : l’hypnothérapeute utilise la suggestion, via des inductions directes ou indirectes. Il dialogue plutôt avec l’inconscient pour induire un comportement nouveau, alors que le sophrologue travaille sur le conscient (accessible dans l’état sophroliminal). Plutôt que la suggestion, le sophrologue fait appel à un terpnos logos : c’est un discours d’accompagnement favorisant l’autonomie. C’est le client qui finit par s’auto-suggérer à lui-même des éléments. Le client est donc beaucoup plus acteur de son bien-être.

L’hypnothérapeute est important dans l’hypnose ; en sophrologie, c’est le client le plus grand acteur, le sophrologue est un outil.

Le sophrologue est comme un guide de montagne : il discute avec les alpinistes de leur objectif. Avec eux, il évalue leurs capacités à y parvenir et propose la meilleure voie d’accès. Il aide donc à atteindre un but, il ne s’encorde pas pour tirer les clients. Or, au fil des séances de sophrologie, quel que soit l’objectif visé par mes clients, je les vois tous progresser, gagner en autonomie, grâce à un ordre de séances et d’objectifs bien établis en fonction de leurs besoins et de leur accord. Lorsque nous arrivons à la fin de cette ascension, ils se rendent compte qu’ils n’ont plus besoin de moi pour demeurer où ils sont, voire progresser par eux-mêmes, car ils se connaissent mieux, avec toute leur force et leurs ressources.

La sophrologie est donc héritière de l’hypnose, mais elle a pris un autre chemin ensuite, non pas par contradiction ou rivalité, mais parce qu’elle a été soumise à diverses influences qui déterminent aujourd’hui tous ses fondements : induction, mais aussi relaxation dynamique et visualisations. Vous allez voir tout cela la semaine prochaine !