Comment se déroule une séance ?

cascades.jpgJe vous ai montré la semaine dernière tout le bénéfice que la sophrologie a tiré de l’hypnose. Maintenant, voyons comment elle a su se différencier. Quoi de mieux qu’une séance pour constater les différences et comprendre comment la sophrologie fonctionne ? Une séance ordinaire se déroule en six temps :

– l’anamnèse : un temps d’échange pour obtenir des informations afin d’établir ou modifier le parcours d’accompagnement. Je peux ainsi évaluer les besoins, les attentes, les progrès, mais aussi les questions du client, ainsi que son entraînement depuis la dernière séance. Ce temps dure plus longtemps lors de la première séance, et un peu moins par la suite.

– le dialogue pré-sophronique : très court, cela me permet de décrire les exercices que je propose au client (le sophronisé). Ainsi, je lui montre comment ces exercices sont liés à son objectif, afin que l’imprégnation soit la plus optimale et l’effet le plus bénéfique.

– la relaxation dynamique : je propose un enchaînement d’un à quatre exercices. Ils s’appuient sur la contraction musculaire et la respiration contrôlée. Le sophronisé peut alors se relâcher, renforcer sa concentration et développer la représentation de soi. Cela lui facilite l’accès au niveau sophrolominal. C’est un pré-requis avant la sophronisation.

– la sophronisation : elle permet de créer des ressentis positifs à l’état sophroliminal. Ces ressentis vécus lors de cet état permettent la prise de conscience. Cela s’intègre corporellement et mentalement chez le sophronisé. Le sophrologue utilise des techniques, notamment la visualisation pour prendre conscience des capacités, l’ancrage pour intégrer les ressentis etc.

– dialogue post-sophronique : c’est surtout un temps d’expression pour le sophronisé

– clôture de séance : on organise l’entraînement personnel du sophronisé jusqu’à la prochaine séance

En voyant ce déroulé de séance, on comprend bien que la sophrologie a progressé grâce à diverses sources : évidemment l’hypnose, comme on l’a vu, qui est surtout à l’origine du quatrième temps, celui de la sophronisation. Mais aussi la phénoménologie : la sophrologie en a gardé l’approche qui privilégie l’expérience à l’intellectualisation. C’est le fait de laisser les phénomènes émerger à la conscience, sans jugement, afin de poser un nouveau regard sur des ressentis, les vivre avec un autre état d’esprit. Ainsi, on peut vivre différemment des idées, des objets ou des ressentis (comme la douleur par ex.). La respiration est un bon exemple : je n’explique pas en séances le cycle respiratoire, mais je propose une expérience de la respiration afin d’apprendre à la ressentir, puis à la contrôler afin de l’utiliser au quotidien pour de multiples bénéfices (détente, angoisses chassées, concentration etc.).

Le yoga a beaucoup influencé aussi la pratique de la sophrologie. Sa pratique permet d’atteindre des états et des niveaux de conscience modifiés. Il permet aussi un travail sur la respiration. Les exercices de relaxation dynamique s’inspirent du yoga. Ils prennent aussi racine dans la relaxation pratiquée dans les années 1930 (méthodes de Schulz et Jacobson), qui visait le développement de l’auto-concentration, le relâchement musculaire, l’évasion à travers des visualisations, afin de diminuer (voire supprimer) physiquement les tensions musculaires et mentalement les idées parasites. Cela rappelle les séances de sophrologie, et confirme l’importance de l’entraînement et l’investissement personnel du client.

Le bouddhisme a également influencé la pratique de la relaxation dynamique, non pas dans ses aspects philosophiques ou religieux, mais pour ses voies d’accès également à d’autres états de conscience. On en retient en sophrologie le fait de laisser l’esprit ouvert, de se contempler de l’extérieur.

La sophrologie est une expérience, c’est un moyen de connaissance de soi et d’épanouissement personnel. Elle propose des techniques concrètes, auxquelles il faut s’entraîner, et des visualisations adaptées à l’individu. Le champ est plus libre que dans l’hypnose. L’espace est donc plus important pour l’émergence de sensations et d’émotions qu’on doit accueillir avec bienveillance. La place du sophronisé est donc d’autant plus importante. N’oublions pas que c’est le client l’acteur des séances, pas moi, qui ne fais que l’accompagner… Petit focus sur le sophronisé la semaine prochaine, avant de clore cette thématique !