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Les effets physiologiques de la pratique – la visualisation positive (3/3)

Pour clore notre série d’articles sur les effets physiologiques, regardons maintenant en quoi consiste la visualisation positive …

Nous avons tous un jour été dépassés par nos émotions : la peur qui nous empêche d’avancer, la colère incontrôlable que l’on regrette, etc…
Les émotions sont des pulsions si profondes et puissantes qu’aucun raisonnement ne peut les arrêter.

formation réticuléeOr, nos émotions sont gérées par le cerveau limbique – dont l’hypothalamus. Il dépend de la formation réticulée qui s’étend de la moelle épinière jusqu’au cortex. La formation réticulée joue un rôle dans la veille, le sommeil, l’organisation motrice, la régulation sensitive et sensorielle. Elle contrôle en effet l’information et régule le système nerveux neuro-végétatif.

 

Lorsqu’il est sur-stimulé (bruit …), l’organisme se fatigue, laissant le terrain propice aux insomnies et surmenage.

Nous avons vu précédemment (article « la détente musculaire ») que la détente musculaire engendre une détente mentale, et inversement. Lorsqu’on apprend une mauvaise nouvelle, on se tend, on se crispe. Lorsqu’on apprend une bonne nouvelle, on se sent détendu. Que se passe-t-il physiologiquement ? En fait, on active/désactive le système nerveux (désactivation de la formation réticulée et du système sympathique, activation du système parasympathique). L’esprit est ainsi dans un état de détente. Ainsi, un simple projet de mouvement engendre une réaction musculaire.

C’est un préalable nécessaire à l’efficacité des visualisations.

Lors de la visualisation positive, toute action vécue mentalement se vit réellement dans le corps et s’y inscrit en mémoire comme si l’action s’était vraiment produite.

Prenons l’exemple très concret de Marie, comédienne de théâtre, qui venait me voir pour travailler la confiance en soi. Une représentation scénique s’était mal passée, elle avait bafouillé son texte, et craignait à nouveau de revivre la même difficulté lors des prochaines représentations. Rien qu’à y penser, elle avait la boule au ventre et les mains moites. Pour se débarrasser de cette sensation désagréable et paralysante, je lui ai refait vivre cette scène en substituant la sensation négative par une sensation agréable (bien-être). Dans un deuxième temps, je lui ai demandé de se projeter sur scène lors de sa future représentation, en se voyant confiante, sereine et en ressentant le bien-être, le plaisir de donner à son public.

Grâce à cette visualisation, elle a inscrit dans son corps une mémoire de son jeu scénique qui lui a ensuite servi lorsqu’elle a réellement joué !

A retenir :
Toute pensée est corporelle. Le cerveau ne fait pas de différence entre ce qui est imaginé et ce qui est réellement vécu.

Les effets physiologiques de la pratique – la détente musculaire (2/3)

Semaine dernière, nous avons vu les effets de la respiration contrôlée sur le corps. Penchons nous cette semaine ceux engendrés par la détente musculaire …

En réalité, le terme de détente musculaire n’est pas le plus approprié : nous devrions plutôt parler de contraction musculaire, qui va engendrer une détente musculaire. Cela vous parait antagoniste ? Eh bien non, si l’on considère les effets physiologiques.

Nos sentiments, pensées et émotions (angoisses, inquiétudes) créent en permanence des tensions musculaires dans le corps. Ex : la peur engendre des tensions dans la nuque, le dos, les mâchoires. Une personne en colère aura les mains crispées, le front plissé ou les lèvres pincées.
Vous avez sûrement remarqué qu’il est souvent impossible de rassurer une personne angoissée par des raisonnements.
Edmund JACOBSON, professeur de physiologie, a mis en évidence le lien entre tonus musculaire et système nerveux. Selon lui, la relaxation est « une absence de toute contraction musculaire s’exprimant du point de vue électromyographique par un silence électrique absolu ». Le but est donc de mettre le cortex au repos, en relaxant directement le périphérique de ce système cérébro-neuro-musculaire. Le client ou patient (domaine médical) va par lui-même provoquer des tensions musculaires, il va focaliser son attention sur ces tensions, les identifier et repérer les sensations correspondantes ; puis il relâche et focalise alors son attention sur ses sensations correspondantes. Plus on répète ces tensions/relâchements, plus l’état de détente musculaire se prolonge. Ainsi, la diminution de ces tensions atténue l’impact émotionnel.
A noter qu’en séance, certains exercices associent la contraction/relâchement avec la respiration contrôlée, pour un effet encore plus optimal.

A retenir :

détente musculaire
Dans le prochain article, je vous expliquerai les effets de la visualisation positive sur le corps et le mental. A lundi !

Les effets physiologiques de la pratique – la respiration contrôlée (1/3)

Cette série de 3 articles sur les effets physiologiques de la sophrologie est plus particulièrement dédiée aux rationnels qui veulent comprendre comment les exercices de sophrologie agissent concrètement.

Lors des séances de sophrologie, nous utilisons 3 moyens :

  • La respiration contrôlée
  • La détente musculaire
  • La visualisation positive

Penchons-nous cette semaine sur la respiration contrôlée.

1) la respiration contrôlée

Chaque être humain est constitué de 2 systèmes nerveux :

  • système nerveux central et périphérique (cérébrospinal)
  • système nerveux neuro-végétatif comprenant le sympathique et le parasympathique

regulation nerveuse

 

Le système nerveux central et périphérique est en action à chaque mouvement, chaque sensation que nous éprouvons. Nous sommes dans le domaine du conscient (« je choisis de bouger mon bras », « je sens la chaleur »…) et donc volontaire.

Le système nerveux neuro-végétatif, quant à lui, gère nos fonctions vitales : digestion, respiration, circulation sanguine …. Il ne nécessite pas de concentration ou de volonté particulière de notre part. C’est donc un système autonome, involontaire. Le sympathique et le parasympathique sont des systèmes en équilibre et ils sont complémentaires : lors d’un stress important, le sympathique va prendre le dessus pour mobiliser l’énergie nécessaire pour agir, tandis qu’une fois la phase de stress passée, c’est le parasympathique qui va prendre la suite, afin de récupérer.

Penchons-nous plus précisément sur le système parasympathique (aussi appelé système vagal): il contrôle nos organes, glandes, vaisseaux sanguins, grâce aux fibres nerveuses qui prennent naissance dans le tronc cérébral et de la moelle sacrée.

Mais quel est son lien avec la respiration ?

Pour le comprendre, regardons attentivement ces 2 illustrations :

 processus respiration

  • à l’inspiration, le diaphragme s’abaisse et les poumons se remplissent d’air. Il appuie sur les viscères de l’abdomen, le ventre se gonfle : c’est la respiration abdominale. C’est la « bonne respiration », que l’on a tous à la naissance et qui peu à peu devient thoracique lorsque nous grandissons (le « rentre ton ventre » n’y est pas étranger … ;-)) d’ailleurs en cas de stress, la respiration s’accélère et monte encore plus haut (haut des poumons). Nous y reviendrons dans un prochain article
  • à l’expiration, le diaphragme remonte (les poumons se vident de leur air) et il stimule alors le fameux parasympathique, qui va alors remettre l’organisme au calme (comme après un choc ou une émotion forte)

On comprend donc mieux l’intérêt de la respiration abdominale dans notre quotidien.

A retenir :

La respiration abdominale, en stimulant le système parasympathique, engendre un ralentissement du cœur, une diminution de la pression, une amélioration de la circulation sanguine et de la digestion, et le système immunitaire s’en trouve renforcé.

Cette maitrise du souffle permet une bonne oxygénation du cerveau et un état de concentration maximal. D’ailleurs les neurobiologistes s’accordent pour dire que focaliser son attention déplace l’activité cérébrale des émotions négatives vers les positives.

Le souffle c’est la vie !

 

Dans le prochain article, je vous expliquerai les effets physiologiques de la détente musculaire. A suivre !

Qui peut venir voir un sophrologue ?

Je vous l’ai déjà dit sur mon site : tout le monde, sans restriction d’âge et quel que soit l’état de santé et de maturité. Depuis quelques semaines, je parle de motivation, de volonté, d’entraînement, de choix. Chacun d’entre nous est capable de s’investir dans la sophrologie et peut y trouver son compte, à condition de savoir pourquoi il vient et de vouloir progresser par lui-même.

alpiniste-clientSouvenez-vous, je suis comme le guide de montagne, j’évalue et j’accompagne sur le meilleur parcours, je ne m’encorde pas pour traîner un alpiniste derrière moi ! Pour mieux me faire comprendre, je préfère citer un passage du Manuel de Sophrologie de Catherine Aliotta (InterEditions, 2014, p. 35), qui définit le métier de sophrologue :

« Le sophrologue est un professionnel qui utilise la sophrologie comme outil thérapeutique ou de développement personnel. Il accompagne des personnes volontaires dans la recherche de leurs propres solutions. Il élabore et anime des protocoles d’accompagnement adaptés à chacun de ses clients. »

J’aime ce passage, car chaque mot de ces quelques lignes est important. Je vais cependant me focaliser sur ceux que j’ai soulignés :

professionnel : effectivement, toute personne qui se dit sophrologue doit avoir suivi une formation. Il en existe plusieurs, qui se différencient par le nombre d’heures, le lieu, la philosophie (approche purement thérapeutique (comme moi) ou philosophie de vie) etc. Mais toutes ont l’objectif de former des personnes compétentes, à même de recevoir tous les clients qui se présentent afin de les accompagner au mieux, ou à défaut de les rediriger vers le praticien adéquat. Mes compétences sont bien délimitées par le code de déontologie de la Chambre Syndicale de Sophrologie.

outil : le mot est très juste. La sophrologie est un outil, le sophrologue est un manuel d’utilisation. Il faut bien se rappeler qu’un outil est là pour aider l’homme à réaliser une opération déterminée. La personne qui veut gravir la montagne peut le faire à mains et pieds nus (ça va être difficile !) ou s’aider d’un équipement adapté (piolets, mousquetons, chaussures crantées..). Mais ni les piolets ni les mousquetons ni les chaussures adaptées ne l’amèneront au sommet, la personne devra mobiliser toutes ses forces pour cela, en les renforçant grâce à ces outils. Le sophrologue va expliquer comment optimiser son trajet, comment prendre ses appuis pour atteindre son objectif.

accompagne : je ne l’ai que trop répété au fil des articles, mais le sophrologue accompagne, il ne suggère pas comme dans le cadre de l’hypnothérapie. Il ne guide pas, il ne résout pas les problèmes. Je ne suis pas un guide spirituel ou psychologique, ni un gourou, comme je le dis sur le site. La sophrologie n’est ni une secte, ni une pratique religieuse. Le sophrologue fournit des billes pour utiliser l’outil afin que le client puise au mieux dans ses forces, voire les découvre.

adaptés : l’hypnothérapeute s’intéresse bien sûr à la personne pour induire de nouveaux comportements. Le sophrologue passe beaucoup de temps à observer et dialoguer avec la personne, avant d’établir les exercices, les visualisations et tous les autres moyens déployés en sophrologie. Il peut alors répondre exactement aux attentes du sophronisé, en tenant compte de ses capacités physiques et mentales, tout en lui laissant la plus grande autonomie d’imagination et de pensée, sans jamais entraver le contrôle que le sophronisé a de son esprit et de son corps.

Je posais la question, dans l’article d’introduction de ce thème sur le choix de l’hypnose ou de la sophrologie, des moyens et de la volonté que le client était prêt à investir. Je crois que vous avez trouvé la réponse tout au long de ces articles, et que vous avez ainsi pu trouver chez quel professionnel vous souhaitez vous rendre. Vous voyez mieux les différences maintenant, à vous de choisir ! Evidemment, je suis parti pris, et je vous encourage à venir me voir, afin de mieux vous connaître et de mobiliser par vous-mêmes vos innombrables ressources à long terme. Il s’agit d’aller mieux, d’être plus fort, en sachant comment et pourquoi….

Comment se déroule une séance ?

cascades.jpgJe vous ai montré la semaine dernière tout le bénéfice que la sophrologie a tiré de l’hypnose. Maintenant, voyons comment elle a su se différencier. Quoi de mieux qu’une séance pour constater les différences et comprendre comment la sophrologie fonctionne ? Une séance ordinaire se déroule en six temps :

– l’anamnèse : un temps d’échange pour obtenir des informations afin d’établir ou modifier le parcours d’accompagnement. Je peux ainsi évaluer les besoins, les attentes, les progrès, mais aussi les questions du client, ainsi que son entraînement depuis la dernière séance. Ce temps dure plus longtemps lors de la première séance, et un peu moins par la suite.

– le dialogue pré-sophronique : très court, cela me permet de décrire les exercices que je propose au client (le sophronisé). Ainsi, je lui montre comment ces exercices sont liés à son objectif, afin que l’imprégnation soit la plus optimale et l’effet le plus bénéfique.

– la relaxation dynamique : je propose un enchaînement d’un à quatre exercices. Ils s’appuient sur la contraction musculaire et la respiration contrôlée. Le sophronisé peut alors se relâcher, renforcer sa concentration et développer la représentation de soi. Cela lui facilite l’accès au niveau sophrolominal. C’est un pré-requis avant la sophronisation.

– la sophronisation : elle permet de créer des ressentis positifs à l’état sophroliminal. Ces ressentis vécus lors de cet état permettent la prise de conscience. Cela s’intègre corporellement et mentalement chez le sophronisé. Le sophrologue utilise des techniques, notamment la visualisation pour prendre conscience des capacités, l’ancrage pour intégrer les ressentis etc.

– dialogue post-sophronique : c’est surtout un temps d’expression pour le sophronisé

– clôture de séance : on organise l’entraînement personnel du sophronisé jusqu’à la prochaine séance

En voyant ce déroulé de séance, on comprend bien que la sophrologie a progressé grâce à diverses sources : évidemment l’hypnose, comme on l’a vu, qui est surtout à l’origine du quatrième temps, celui de la sophronisation. Mais aussi la phénoménologie : la sophrologie en a gardé l’approche qui privilégie l’expérience à l’intellectualisation. C’est le fait de laisser les phénomènes émerger à la conscience, sans jugement, afin de poser un nouveau regard sur des ressentis, les vivre avec un autre état d’esprit. Ainsi, on peut vivre différemment des idées, des objets ou des ressentis (comme la douleur par ex.). La respiration est un bon exemple : je n’explique pas en séances le cycle respiratoire, mais je propose une expérience de la respiration afin d’apprendre à la ressentir, puis à la contrôler afin de l’utiliser au quotidien pour de multiples bénéfices (détente, angoisses chassées, concentration etc.).

Le yoga a beaucoup influencé aussi la pratique de la sophrologie. Sa pratique permet d’atteindre des états et des niveaux de conscience modifiés. Il permet aussi un travail sur la respiration. Les exercices de relaxation dynamique s’inspirent du yoga. Ils prennent aussi racine dans la relaxation pratiquée dans les années 1930 (méthodes de Schulz et Jacobson), qui visait le développement de l’auto-concentration, le relâchement musculaire, l’évasion à travers des visualisations, afin de diminuer (voire supprimer) physiquement les tensions musculaires et mentalement les idées parasites. Cela rappelle les séances de sophrologie, et confirme l’importance de l’entraînement et l’investissement personnel du client.

Le bouddhisme a également influencé la pratique de la relaxation dynamique, non pas dans ses aspects philosophiques ou religieux, mais pour ses voies d’accès également à d’autres états de conscience. On en retient en sophrologie le fait de laisser l’esprit ouvert, de se contempler de l’extérieur.

La sophrologie est une expérience, c’est un moyen de connaissance de soi et d’épanouissement personnel. Elle propose des techniques concrètes, auxquelles il faut s’entraîner, et des visualisations adaptées à l’individu. Le champ est plus libre que dans l’hypnose. L’espace est donc plus important pour l’émergence de sensations et d’émotions qu’on doit accueillir avec bienveillance. La place du sophronisé est donc d’autant plus importante. N’oublions pas que c’est le client l’acteur des séances, pas moi, qui ne fais que l’accompagner… Petit focus sur le sophronisé la semaine prochaine, avant de clore cette thématique !

Etat sophroliminal : qu’est-ce donc, à quoi ça sert ?

Comme on l’a vu la semaine dernière, le principal point commun entre hypnose et sophrologie concerne l’état de conscience modifié, celui qui se situe entre veille et sommeil. Il faut déjà mieux comprendre ce qu’est cet état, car c’est dans ce contexte que l’hypnose et la sophrologie peuvent intervenir, mais pas de la même manière…

Le cerveau produit diverses ondes, qui caractérisent l’état de conscience dans lequel il est. En état de veille, le cerveau est en ondes bêta, c’est notre conscience quotidienne. Lorsqu’on dort, ce sont les ondes theta. Entre les deux, il y a les ondes alpha, qui sont celles de cet état de conscience modifié dont j’ai parlé la semaine dernière. Ces ondes alpha sont d’ailleurs visibles sur un Electro-Encéphalogramme (EEG). En sophrologie, on appelle cet état « état sophroliminal ». Dans ce moment, les mécanismes de défense psychique et les filtres sont diminués, donnant ainsi à l’individu accès à une part de conscience qu’il ne connaît pas lors de l’état de veille. Les sensations sont alors décuplées. On peut alors, dans cet état, modifier ses propres croyances ou perceptions, en stimulant la mémoire, en exacerbant les perceptions internes et externes. En quelque sorte, rendre réelle l’imagination et la projection mentale. On peut aussi prendre du recul, relativiser, et surtout pouvoir s’écouter soi-même et se connaître, s’accepter. On peut dès lors augmenter nos motivations, nos envies, notre concentration.

C’est sur cet état que travaillent l’hypnothérapeute et le sophrologue. Ils vont entraîner l’individu dans cet état sophroliminal afin que le client puisse avoir accès à ses ressources. Pour plonger l’individu dans cet état, les deux praticiens ont recours à une méthode. C’est là que nos différences commencent à apparaître : l’hypnothérapeute utilise la suggestion, via des inductions directes ou indirectes. Il dialogue plutôt avec l’inconscient pour induire un comportement nouveau, alors que le sophrologue travaille sur le conscient (accessible dans l’état sophroliminal). Plutôt que la suggestion, le sophrologue fait appel à un terpnos logos : c’est un discours d’accompagnement favorisant l’autonomie. C’est le client qui finit par s’auto-suggérer à lui-même des éléments. Le client est donc beaucoup plus acteur de son bien-être.

L’hypnothérapeute est important dans l’hypnose ; en sophrologie, c’est le client le plus grand acteur, le sophrologue est un outil.

Le sophrologue est comme un guide de montagne : il discute avec les alpinistes de leur objectif. Avec eux, il évalue leurs capacités à y parvenir et propose la meilleure voie d’accès. Il aide donc à atteindre un but, il ne s’encorde pas pour tirer les clients. Or, au fil des séances de sophrologie, quel que soit l’objectif visé par mes clients, je les vois tous progresser, gagner en autonomie, grâce à un ordre de séances et d’objectifs bien établis en fonction de leurs besoins et de leur accord. Lorsque nous arrivons à la fin de cette ascension, ils se rendent compte qu’ils n’ont plus besoin de moi pour demeurer où ils sont, voire progresser par eux-mêmes, car ils se connaissent mieux, avec toute leur force et leurs ressources.

La sophrologie est donc héritière de l’hypnose, mais elle a pris un autre chemin ensuite, non pas par contradiction ou rivalité, mais parce qu’elle a été soumise à diverses influences qui déterminent aujourd’hui tous ses fondements : induction, mais aussi relaxation dynamique et visualisations. Vous allez voir tout cela la semaine prochaine !

L’hypnose en quelques mots

La pratique de l’hypnose remonte, d’après les textes, au XVIIIe siècle. Il s’agissait alors de l’influence d’un individu sur un autre grâce à la suggestion. L’hypnose a connu au XXe siècle une désaffection forte, avant de revenir en force depuis le début des années 2000, avec une entrée brillante et pleine de succès dans le monde hospitalier. C’est le développement de la pratique hypnotique qu’on connaît aujourd’hui : l’hypnose thérapeutique. Elle est devenue un outil de soin à part entière depuis que le traitement de la douleur physique et psychique est considéré comme une priorité (plans de lutte contre la douleur de 2002 et 2006). Aujourd’hui démocratisée, on peut aussi en profiter en cabinet.

L’hypnose thérapeutique permet de réduire, voire supprimer, la douleur, mais aide aussi à la gestion des troubles anxieux (stress, phobie). Elle permet d’entraîner des changements de comportement dans les dépendances (tabagisme, troubles de l’alimentation).

L’hypnose part de l’expérience naturelle de l’état de conscience modifiée : au quotidien, on peut en faire l’expérience, par exemple, en s’évadant lors d’une lecture, ou en étant « hors du temps » lorsqu’on s’absorbe dans la contemplation des vagues ou des flammes… Cet état diffère de l’état de veille habituel, car notre niveau de vigilance est abaissé, et notre perception se modifie. Nos schémas habituels de pensée et de représentations sont moins prenants et ne censurent plus nos ressentis. C’est l’état hypnotique, ce moment de conscience où les choses sont perçues différemment.

Cet état n’est pas un mythe ou une supposition, il est identifié et caractérisé en imagerie médicale. L’hypnothérapeute permet de reproduire intentionnellement cet état de conscience avec un objectif (détente, soin, évolution personnelle etc.).

L’hypnose est accessible à tous, avec plus ou moins de rapidité.

L’hypnose agit donc par un jeu intentionnel impliquant l’imaginaire du patient. Elle permet de revisiter la réalité et la façon dont le patient la perçoit. Ainsi, cela va permettre, principalement par la suggestion, de diminuer l’importance des symptômes de plusieurs pathologies, de développer des comportements pour mettre à distance le motif d’une souffrance, voire la résoudre dans certains cas. L’hypnose développe des dispositions internes et comportementales nouvelles, afin que la personne puisse prendre soin de soi.

L’hypnothérapeute est pleinement acteur dans cette méthode, puisqu’il induit les changements chez le patient (lorsque le thérapeute est un praticien médical) ou le client (lorsque le thérapeute n’est pas médecin ou soignant), même s’il s’adapte bien sûr à l’univers mental de la personne. Il travaille sur l’inconscient pour induire un comportement nouveau.

La semaine prochaine, je vais vous montrer les points communs de la sophrologie avec la méthode de l’hypnose. Les similitudes concernent surtout cet état de conscience, que j’expliquerai plus en détail. Quant à nos méthodes, elles diffèrent complètement. A lundi prochain !

Sophrologie ou hypnose ?

On peut se poser la question du choix, alors que les deux techniques sont aujourd’hui de plus en plus connues et médiatisées. On entend les interviews de sophrologues, comme Catherine Aliotta, à la télévision et à la radio, et on en voit même des applications, comme la lutte contre le stress dans l’émission The Voice. Quant à l’hypnose, la technique est déjà pluriséculaire, même si elle a beaucoup évolué au cours du XXe siècle, et on a tous entendu parler de Messmer, voire assister à ses extraordinaires démonstrations à la télé ou sur scène. La sophrologie est-elle meilleure que l’hypnose ? Est-ce l’inverse ? Faut-il se fier seulement à ces démonstrations médiatiques et spectaculaires pour en juger ? Ou ne faut-il pas au contraire dépasser cette idée de comparaison ?

Souvent, on croit que c’est la même chose. Mais quand on expérimente les deux techniques pour la première fois, l’idée d’opposition survient vite. Pourtant, dans les deux cas, il y a un client et un praticien. Dans les deux cas, les praticiens parlent. Dans les deux cas, on peut se sentir sonné, mais aussi très bien après une séance. Mais dans un cas, on travaille sur l’inconscient, alors que dans l’autre, on travaille sur la conscience. En quoi le processus est-il différent ?

Si les deux techniques s’opposent, on peut imaginer qu’elles deviennent concurrentes. Or, Messmer, dans l’émission Un soir à la Tour Eiffel (article ci-dessous), explique qu’il utilisait énormément la sophrologie lorsqu’il était hypnothérapeute. Dans ses spectacles, il en fait l’apologie. Quant à la sophrologie, elle tire aussi son inspiration de l’hypnose. Les deux techniques pourraient donc se compléter ?

Il faut aller au-delà de la simple comparaison, et dépasser la dichotomie ou même la complémentarité. Je n’ai pas à juger de la performance et de l’efficacité d’une technique ou de l’autre, surtout que j’ai forcément un parti pris favorable à la sophrologie.

Je préfère me concentrer sur les motivations du client. Pourquoi veut-il s’adresser à un hypnothérapeute ou à un sophrologue ? Que vient-il chercher ? Quelle est la raison de sa visite ? Que veut-il modifier, ou améliorer ? Et surtout, quels moyens et quelle volonté est-il prêt à mettre à son propre service ?

Dans les deux techniques, plusieurs séances souvent sont nécessaires. Le rôle du praticien diffère, et c’est en cette différence que réside la motivation d’un client. Veut-il du mieux simplement, ou veut-il être acteur de ce mieux ? Souhaite-t-il que sa vie s’améliore, ou modifier lui-même véritablement sa vie ?

Pour répondre à toutes ces questions, et que vous puissiez trouver la meilleure formule, la plus adaptée à vos besoins et votre volonté, je vous propose quelques articles de synthèse, chaque lundi. Ils seront concis et simples. Le but n’est pas de faire un cours sur l’histoire de ces techniques, mais bien d’être armé et informé pour mieux choisir !

Lundi 15 juin : l’hypnose, son fonctionnement et ses effets

Lundi 22 juin : l’héritage de l’hypnose en sophrologie

Lundi 29 juin : les autres sources de la sophrologie

Lundi 6 juillet : l’investissement du client

La sophrologie dans l’émission « Un soir à la Tour Eiffel »

C’est au cours de son émission « Un soir à la Tour Eiffel », diffusée en direct le 27 mai 2015 sur Fr2, qu’Alexandra Sublet pose la question de l’alternative à une médecine traditionnelle. Aujourd’hui, l’hypnose, la sophrologie, l’acupuncture, l’homéopathie – les médecines dites douces, complémentaires – connaissent un essor extraordinaire. Pourquoi ? Sont-elles efficaces ? S’opposent-elles à la médecine traditionnelle ? Les médecins Gérald Kierzek et Frédéric Saldmann, la sophrologue Catherine Aliotta et l’hypnotiseur Messmer* nous répondent.

L’attrait de ces médecines complémentaires peut sembler d’abord paradoxal. Alors que la médecine allopathique progresse et que ses techniques sont de plus en plus performantes, 75% des Français se sont tournés, au moins une fois en 2015, vers un thérapeute non conventionnel. La médecine traditionnelle ne suffit plus, car même si elle soigne, elle ne répond pas toujours aux attentes des patients. Tandis que la médecine traditionnelle s’attache au traitement en s’appuyant sur une base générale de soins, les médecines complémentaires s’attachent à l’individu dans son unicité, dans sa volonté thérapeutique (choix du traitement lorsque c’est possible). Aujourd’hui, l’individu est moins attiré par la technique performante que par sa propre autonomie dans le choix de ses soins. Il saisit l’opportunité de prendre sa santé en main. Le médecin prend alors conscience de la force du patient qui veut guérir. Patients et médecins, après un diagnostic nécessairement médical (donc effectué par un médecin afin d’éviter toute erreur de soin et trouver la thérapie la mieux adaptée), se tournent vers les techniques et pratiques qu’on désigne sous l’expression de médecines complémentaires, et non plus alternatives. Les médecines douces n’apparaissent donc plus comme des soins de substitution (comme une alternative), mais bien comme des soins de support (un complément). Cette légitimité explique aussi l’attrait croissant des Français pour ces médecines.

L’émission se focalise ensuite sur l’hypnose et la sophrologie. La médecine ne reconnait aucun des deux, mais y porte un intérêt important. Ces deux techniques s’installent à l’hôpital, et deviennent indispensables aux médecins qui rajoutent ces compétences à leur savoir. Face à des addictions et des pathologies graves diverses (psychiques ou lourdes, comme des cancers), l’hypnose est utilisée. Elle sert aussi d’alternative ou de complément à l’anesthésie. Il faut choisir la thérapie la plus adaptée, et éviter autant que possible la prise de médicaments. Evidemment, la thérapie médicamenteuse est parfois le seul moyen, et il faut bien sûr y recourir. Mais il y a d’autres points où la médecine n’est pas formidable, comme l’insomnie, le stress, qu’il vaut mieux tenter de résoudre sans passer par la prise de médicaments. Ces deux derniers motifs sont d’ailleurs récurrents chez les hypnothérapeutes et les sophrologues.

Messmer vante la sophrologie, bien plus que l’hypnose thérapeutique qu’il a lui-même pratiquée. Il se servait beaucoup de la sophrologie lors de cette activité. La sophrologie est une technique qui enseigne aux personnes à faire elles-mêmes l’action, en descendant dans un état second. Cela amène en fait à un état de détente profonde, moins basse qu’en hypnose, puisqu’il est possible de réagir à tout moment. Le niveau de vigilance est abaissé à l’état entre veille et sommeil. On peut alors amener des suggestions positives, en aidant les gens à retrouver leurs ressources, leur potentiel, le sentiment de confiance et de vitalité. La sophrologie apprend à faire, au lieu de se laisser guider, ce qui offre au pratiquant (le sophronisé) une véritable autonomie. Dans le cadre d’une pathologie, cette technique permet de gérer l’aspect émotionnel, d’apporter un mieux-être au fil du soin. On peut même apprendre à gérer la douleur, grâce à des exercices de respiration et de décontraction musculaire. Ainsi, on ne guérit pas le cancer avec la sophrologie, mais on peut rendre la lourdeur du traitement plus supportable et de façon naturelle. Ces techniques entraînent souvent aussi un meilleur sommeil.

La sophrologie se légitime donc de plus en plus, non pas comme une technique à part et en dehors du monde médical, mais comme un moyen d’aider les gens à prendre en main leur vitalité, leur énergie, en apprenant à puiser dans leurs propres ressources. Dans le cadre médical et hospitalier, patients et médecins prennent conscience de ce complément indispensable pour rendre une thérapie plus supportable et pour impliquer le patient dans son traitement.

Une série d’articles de ma main paraîtra dans quelques semaines sur la sophrologie face aux pathologies.

Un soir à la Tour Eiffel

* Gérald Kierzek : médecin, anesthésiste, réanimateur, urgentiste

Frédéric Saldmann : médecin, cardiologue, nutritionniste

Catherine Aliotta : sophrologue, fondatrice de l’Institut de Formation à la Sophrologie, présidente de la Chambre de Sophrologie

Messmer : hypnotiseur et show-man de son spectacle « Messmer le fascinateur ».