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Gagnez vos compétitions avec la sophrologie !

La nécessité de la préparation mentale est admise depuis longtemps dans le sport, et elle est même devenue l’égérie du sport moderne. L’habitude d’attribuer une victoire ou une défaite au mental s’est installée dans la comparaison de compétiteurs de même niveau. J’aide des sportifs à se préparer à leurs exercices sportifs et notamment à leurs compétitions. Ce travail se fait individuellement, car je dois connaître le sportif afin de faire émerger ses ressources et de l’aider à développer ses propres outils de sophrologie. Il faut s’y prendre à l’avance, car plusieurs séances sont nécessaires pour s’approprier les exercices et les techniques, progresser et parvenir au résultat mental attendu, duquel découlera donc le résultat sportif. J’utilise diverses techniques, en fonction de la proximité de la compétition, de l’état du sportif et de son objectif. Cela va de la relaxation (afin de mieux gérer le stress), à la visualisation (d’actions sur le terrain), en passant par des exercices respiratoires dynamisants.

J’ai suivi pendant quelques séances Valentin, jeune badiste de haut niveau. Sa technique de jeu était excellente d’après son entraîneur, mais il ne parvenait pas à l’utiliser au mieux pendant les matchs, car sa concentration décroissait au fil du jeu. Nous avons travaillé ensemble sur l’évacuation des tensions grâce à des exercices respiratoires, des exercices de détente musculaire et de concentration. Sa confiance et son endurance s’en sont trouvées améliorées. La concentration peut donc être une voie d’accès à l’amélioration de vos performances. Autre idée : l’intégration du schéma corporel. Je m’explique : le schéma corporel est la sensation que l’on a de son corps et la représentation que l’on s’en fait. Il est toujours en évolution et se modifie avec la croissance, et aussi en fonction des activités.

Ainsi, il s’étend aux objets qui l’environnent, comme des skis par exemple. Les skieurs suisses ont été aidés par un sophrologue à la fin des années 1960, et leurs performances ont été récompensées par plusieurs médailles. Ils avaient justement travaillé sur l’intégration des skis à leur schéma corporel, non pas comme des outils, mais comme le prolongement de leur corps. Leurs réactions sont devenues presque naturelles et instinctives lorsqu’ils glissaient, et les plus grands progrès se sont vus dans le saut (surtout la réception) et le slalom. Enfin, une dernière piste de réussite, ma préférée : la projection de soi. Les gens disent souvent qu’il faut s’imaginer en train de gagner. Plus facile à dire qu’à faire ! Non seulement je vais vous aider à l’imaginer, mais surtout, je vais vous apprendre à intégrer ces pensées, à la fois dans le cerveau et dans les muscles, ce qui favorise la rapidité des réactions et de la réflexion durant un match, et renforce le niveau de concentration. Il s’agit de s’imaginer avant, pendant et après un match, en insistant sur toutes les sensations issues de nos 5 sens (la vue, le toucher, …), sur les figures ou techniques utilisées pendant la compétition, se voir parer un coup de l’adversaire etc. Il existe des techniques précises pour que l’imagination devienne une projection. Cela peut créer les conditions de réussite du sportif. Cela fait pleinement partie du travail mental du sportif, nécessaire à son entraînement physique. D’ailleurs, les grands sportifs le confirment !

tsongaJo-Wilfried Tsonga pratique la sophrologie, et tout le monde a remarqué sa sérénité sur le terrain, et même son imperméabilité à la pression. Face à un adversaire qui l’a battu, il reste concentré et dans son jeu, sans penser à la revanche ou aux attentes autour de lui. Son entraîneur et ses conseillers le reconnaissent : le tennisman n’est plus dispersé. La sophrologie lui a d’abord permis de se remettre en question, avant de l’aider à chasser son stress et à se recentrer sur son sport, et seulement son sport. Les journalistes parlaient même de métamorphose, entre le Tsonga de juin 2015 et celui de 2013. De même que l’équipe de foot de Caen a fait une superbe remontée au cours de la Ligue 1, grâce à de multiples efforts physiques et tactiques de ses joueurs, et grâce aussi à l’arrivée d’un sophrologue préparateur mental sportif, qui a notamment permis à l’équipe d’exister en tant que groupe, et non en joueurs isolés.

Alors, si vous cherchez à améliorer vos performances, et même à gagner, venez me voir ! :-)

Maitriser son stress

Le stress est la réaction d’adaptation de l’organisme face à un changement survenant dans son environnement. Chaque individu réagit en fonction de sa propre structure, de son terrain génétique, de sa culture, de son éducation et de son histoire. La perception du stress et la capacité à y répondre constituent le seuil de tolérance au stress d’un individu.

Trois principaux facteurs de stress sont reconnus : environnementaux (compétitivité, bruit, horaires, charge de travail etc.), relationnels (rupture, absence de communication etc.) et personnels (l’histoire personnelle influe la façon de réagir). Lors d’un épisode de stress, on peut sécréter de l’adrénaline ou de la cortisone. L’adrénaline caractérise un stress ponctuel qui accroît la fréquence cardiaque et respiratoire, la tension et le sucre dans le sang. En revanche, le stress qui dure produit de la cortisone, afin de limiter la douleur physique, et la tension artérielle reste élevée pour alimenter la circulation dans la tête et les jambes. On distingue le bon et le mauvais stress. Le bon stress fournit un sentiment positif d’efficacité, d’acuité et rend plus performant, alors que le mauvais stress est issu d’un évènement traumatique et persiste au-delà de la présence de l’agent stresseur. Le stress chronique est un mauvais stress parce qu’il accroît la vulnérabilité aux stresseurs.

image stress au travailQuand on ne peut pas réagir face au stress, nos réactions biologiques deviennent néfastes. Le stress entraîne des troubles physiques (tensions, blocages, insomnie, troubles circulatoires ou digestifs, rupture physique ou mentale), des troubles psychologiques (anxiété, déprime), et des troubles comportementaux (agressivité, irritabilité, perte d’écoute et de concentration etc.).

Je vous propose des solutions avec des exercices de sophrologie pour lutter contre ce problème envahissant au quotidien. Vous pouvez maîtriser les émotions en apprenant à vous détendre physiquement et psychologiquement et en apprenant à mieux respirer. J’ai déjà parlé des effets physiologiques de la respiration contrôlée et de la contraction musculaire (liens des articles à mettre). Travailler aussi sur le positif permet de se concentrer sur ses capacités et ses sensations. La pratique de la sophrologie accroît la sécurité intérieure, la confiance en soi et la dynamique d’adaptation. De plus, la sophrologie permet de percevoir avec plus d’acuité les messages et les signaux du stress. Un exercice facile à réaliser, lorsque vous sentez ces signaux arriver, est le pompage des épaules (vidéo à venir).

Je vous propose divers exercices et des visualisations en séance, faciles à reproduire à la maison, au travail, dans les transports. Ne vous laissez pas empoisonner par le stress, venez me voir avant !

Exercice anti-stress spécial vacances

Ca y est, les valises sont prêtes, tout est bien rangé dans la voiture, vous êtes heureux de partir enfin en vacances. C’était sans compter les bouchons, les arrêts sur la route, …, et les gestes sympathiques des automobilistes ! Deux options : vous vous énervez, le rythme cardiaque s’accélère, vous stressez de ne pas arriver à l’heure prévue, vous râlez comme les autres, ou bien vous choisissez la voie de la patience, et donc du calme. La 2eme option semble la plus sage et la plus agréable pour vous, me direz-vous !

Oui mais comment faire ? Un exercice tout simple pour faire diminuer le stress : à l’arrêt, vous prenez une grande inspiration pour le nez, vous retenez votre respiration et serrez fortement le volant avec vos mains (vos bras sont alors contractés), puis vous soufflez par la bouche en relâchant. Répétez cet exercice 3 fois. Les effets sont immédiats : votre corps se détend, et donc votre mental aussi (souvenez-vous de l’article sur les effets physiologiques).

Et voilà, c’est simple rapide et efficace !

Bien sûr, vous pouvez faire cet exercice si vous êtes dans le TGV, ou le métro, le bus … eux aussi en retard (comment ça c’est pas possible :roll: )

bonnes-vacances1Il me reste à vous souhaiter une bonne route, soyez prudent, et surtout d’excellentes vacances !

Je vous retrouve le 24 août pour de nouveaux articles sur la santé, le sport …

Les effets physiologiques de la pratique – la visualisation positive (3/3)

Pour clore notre série d’articles sur les effets physiologiques, regardons maintenant en quoi consiste la visualisation positive …

Nous avons tous un jour été dépassés par nos émotions : la peur qui nous empêche d’avancer, la colère incontrôlable que l’on regrette, etc…
Les émotions sont des pulsions si profondes et puissantes qu’aucun raisonnement ne peut les arrêter.

formation réticuléeOr, nos émotions sont gérées par le cerveau limbique – dont l’hypothalamus. Il dépend de la formation réticulée qui s’étend de la moelle épinière jusqu’au cortex. La formation réticulée joue un rôle dans la veille, le sommeil, l’organisation motrice, la régulation sensitive et sensorielle. Elle contrôle en effet l’information et régule le système nerveux neuro-végétatif.

 

Lorsqu’il est sur-stimulé (bruit …), l’organisme se fatigue, laissant le terrain propice aux insomnies et surmenage.

Nous avons vu précédemment (article « la détente musculaire ») que la détente musculaire engendre une détente mentale, et inversement. Lorsqu’on apprend une mauvaise nouvelle, on se tend, on se crispe. Lorsqu’on apprend une bonne nouvelle, on se sent détendu. Que se passe-t-il physiologiquement ? En fait, on active/désactive le système nerveux (désactivation de la formation réticulée et du système sympathique, activation du système parasympathique). L’esprit est ainsi dans un état de détente. Ainsi, un simple projet de mouvement engendre une réaction musculaire.

C’est un préalable nécessaire à l’efficacité des visualisations.

Lors de la visualisation positive, toute action vécue mentalement se vit réellement dans le corps et s’y inscrit en mémoire comme si l’action s’était vraiment produite.

Prenons l’exemple très concret de Marie, comédienne de théâtre, qui venait me voir pour travailler la confiance en soi. Une représentation scénique s’était mal passée, elle avait bafouillé son texte, et craignait à nouveau de revivre la même difficulté lors des prochaines représentations. Rien qu’à y penser, elle avait la boule au ventre et les mains moites. Pour se débarrasser de cette sensation désagréable et paralysante, je lui ai refait vivre cette scène en substituant la sensation négative par une sensation agréable (bien-être). Dans un deuxième temps, je lui ai demandé de se projeter sur scène lors de sa future représentation, en se voyant confiante, sereine et en ressentant le bien-être, le plaisir de donner à son public.

Grâce à cette visualisation, elle a inscrit dans son corps une mémoire de son jeu scénique qui lui a ensuite servi lorsqu’elle a réellement joué !

A retenir :
Toute pensée est corporelle. Le cerveau ne fait pas de différence entre ce qui est imaginé et ce qui est réellement vécu.

Les effets physiologiques de la pratique – la détente musculaire (2/3)

Semaine dernière, nous avons vu les effets de la respiration contrôlée sur le corps. Penchons nous cette semaine ceux engendrés par la détente musculaire …

En réalité, le terme de détente musculaire n’est pas le plus approprié : nous devrions plutôt parler de contraction musculaire, qui va engendrer une détente musculaire. Cela vous parait antagoniste ? Eh bien non, si l’on considère les effets physiologiques.

Nos sentiments, pensées et émotions (angoisses, inquiétudes) créent en permanence des tensions musculaires dans le corps. Ex : la peur engendre des tensions dans la nuque, le dos, les mâchoires. Une personne en colère aura les mains crispées, le front plissé ou les lèvres pincées.
Vous avez sûrement remarqué qu’il est souvent impossible de rassurer une personne angoissée par des raisonnements.
Edmund JACOBSON, professeur de physiologie, a mis en évidence le lien entre tonus musculaire et système nerveux. Selon lui, la relaxation est « une absence de toute contraction musculaire s’exprimant du point de vue électromyographique par un silence électrique absolu ». Le but est donc de mettre le cortex au repos, en relaxant directement le périphérique de ce système cérébro-neuro-musculaire. Le client ou patient (domaine médical) va par lui-même provoquer des tensions musculaires, il va focaliser son attention sur ces tensions, les identifier et repérer les sensations correspondantes ; puis il relâche et focalise alors son attention sur ses sensations correspondantes. Plus on répète ces tensions/relâchements, plus l’état de détente musculaire se prolonge. Ainsi, la diminution de ces tensions atténue l’impact émotionnel.
A noter qu’en séance, certains exercices associent la contraction/relâchement avec la respiration contrôlée, pour un effet encore plus optimal.

A retenir :

détente musculaire
Dans le prochain article, je vous expliquerai les effets de la visualisation positive sur le corps et le mental. A lundi !

Les effets physiologiques de la pratique – la respiration contrôlée (1/3)

Cette série de 3 articles sur les effets physiologiques de la sophrologie est plus particulièrement dédiée aux rationnels qui veulent comprendre comment les exercices de sophrologie agissent concrètement.

Lors des séances de sophrologie, nous utilisons 3 moyens :

  • La respiration contrôlée
  • La détente musculaire
  • La visualisation positive

Penchons-nous cette semaine sur la respiration contrôlée.

1) la respiration contrôlée

Chaque être humain est constitué de 2 systèmes nerveux :

  • système nerveux central et périphérique (cérébrospinal)
  • système nerveux neuro-végétatif comprenant le sympathique et le parasympathique

regulation nerveuse

 

Le système nerveux central et périphérique est en action à chaque mouvement, chaque sensation que nous éprouvons. Nous sommes dans le domaine du conscient (« je choisis de bouger mon bras », « je sens la chaleur »…) et donc volontaire.

Le système nerveux neuro-végétatif, quant à lui, gère nos fonctions vitales : digestion, respiration, circulation sanguine …. Il ne nécessite pas de concentration ou de volonté particulière de notre part. C’est donc un système autonome, involontaire. Le sympathique et le parasympathique sont des systèmes en équilibre et ils sont complémentaires : lors d’un stress important, le sympathique va prendre le dessus pour mobiliser l’énergie nécessaire pour agir, tandis qu’une fois la phase de stress passée, c’est le parasympathique qui va prendre la suite, afin de récupérer.

Penchons-nous plus précisément sur le système parasympathique (aussi appelé système vagal): il contrôle nos organes, glandes, vaisseaux sanguins, grâce aux fibres nerveuses qui prennent naissance dans le tronc cérébral et de la moelle sacrée.

Mais quel est son lien avec la respiration ?

Pour le comprendre, regardons attentivement ces 2 illustrations :

 processus respiration

  • à l’inspiration, le diaphragme s’abaisse et les poumons se remplissent d’air. Il appuie sur les viscères de l’abdomen, le ventre se gonfle : c’est la respiration abdominale. C’est la « bonne respiration », que l’on a tous à la naissance et qui peu à peu devient thoracique lorsque nous grandissons (le « rentre ton ventre » n’y est pas étranger … ;-)) d’ailleurs en cas de stress, la respiration s’accélère et monte encore plus haut (haut des poumons). Nous y reviendrons dans un prochain article
  • à l’expiration, le diaphragme remonte (les poumons se vident de leur air) et il stimule alors le fameux parasympathique, qui va alors remettre l’organisme au calme (comme après un choc ou une émotion forte)

On comprend donc mieux l’intérêt de la respiration abdominale dans notre quotidien.

A retenir :

La respiration abdominale, en stimulant le système parasympathique, engendre un ralentissement du cœur, une diminution de la pression, une amélioration de la circulation sanguine et de la digestion, et le système immunitaire s’en trouve renforcé.

Cette maitrise du souffle permet une bonne oxygénation du cerveau et un état de concentration maximal. D’ailleurs les neurobiologistes s’accordent pour dire que focaliser son attention déplace l’activité cérébrale des émotions négatives vers les positives.

Le souffle c’est la vie !

 

Dans le prochain article, je vous expliquerai les effets physiologiques de la détente musculaire. A suivre !

Qui peut venir voir un sophrologue ?

Je vous l’ai déjà dit sur mon site : tout le monde, sans restriction d’âge et quel que soit l’état de santé et de maturité. Depuis quelques semaines, je parle de motivation, de volonté, d’entraînement, de choix. Chacun d’entre nous est capable de s’investir dans la sophrologie et peut y trouver son compte, à condition de savoir pourquoi il vient et de vouloir progresser par lui-même.

alpiniste-clientSouvenez-vous, je suis comme le guide de montagne, j’évalue et j’accompagne sur le meilleur parcours, je ne m’encorde pas pour traîner un alpiniste derrière moi ! Pour mieux me faire comprendre, je préfère citer un passage du Manuel de Sophrologie de Catherine Aliotta (InterEditions, 2014, p. 35), qui définit le métier de sophrologue :

« Le sophrologue est un professionnel qui utilise la sophrologie comme outil thérapeutique ou de développement personnel. Il accompagne des personnes volontaires dans la recherche de leurs propres solutions. Il élabore et anime des protocoles d’accompagnement adaptés à chacun de ses clients. »

J’aime ce passage, car chaque mot de ces quelques lignes est important. Je vais cependant me focaliser sur ceux que j’ai soulignés :

professionnel : effectivement, toute personne qui se dit sophrologue doit avoir suivi une formation. Il en existe plusieurs, qui se différencient par le nombre d’heures, le lieu, la philosophie (approche purement thérapeutique (comme moi) ou philosophie de vie) etc. Mais toutes ont l’objectif de former des personnes compétentes, à même de recevoir tous les clients qui se présentent afin de les accompagner au mieux, ou à défaut de les rediriger vers le praticien adéquat. Mes compétences sont bien délimitées par le code de déontologie de la Chambre Syndicale de Sophrologie.

outil : le mot est très juste. La sophrologie est un outil, le sophrologue est un manuel d’utilisation. Il faut bien se rappeler qu’un outil est là pour aider l’homme à réaliser une opération déterminée. La personne qui veut gravir la montagne peut le faire à mains et pieds nus (ça va être difficile !) ou s’aider d’un équipement adapté (piolets, mousquetons, chaussures crantées..). Mais ni les piolets ni les mousquetons ni les chaussures adaptées ne l’amèneront au sommet, la personne devra mobiliser toutes ses forces pour cela, en les renforçant grâce à ces outils. Le sophrologue va expliquer comment optimiser son trajet, comment prendre ses appuis pour atteindre son objectif.

accompagne : je ne l’ai que trop répété au fil des articles, mais le sophrologue accompagne, il ne suggère pas comme dans le cadre de l’hypnothérapie. Il ne guide pas, il ne résout pas les problèmes. Je ne suis pas un guide spirituel ou psychologique, ni un gourou, comme je le dis sur le site. La sophrologie n’est ni une secte, ni une pratique religieuse. Le sophrologue fournit des billes pour utiliser l’outil afin que le client puise au mieux dans ses forces, voire les découvre.

adaptés : l’hypnothérapeute s’intéresse bien sûr à la personne pour induire de nouveaux comportements. Le sophrologue passe beaucoup de temps à observer et dialoguer avec la personne, avant d’établir les exercices, les visualisations et tous les autres moyens déployés en sophrologie. Il peut alors répondre exactement aux attentes du sophronisé, en tenant compte de ses capacités physiques et mentales, tout en lui laissant la plus grande autonomie d’imagination et de pensée, sans jamais entraver le contrôle que le sophronisé a de son esprit et de son corps.

Je posais la question, dans l’article d’introduction de ce thème sur le choix de l’hypnose ou de la sophrologie, des moyens et de la volonté que le client était prêt à investir. Je crois que vous avez trouvé la réponse tout au long de ces articles, et que vous avez ainsi pu trouver chez quel professionnel vous souhaitez vous rendre. Vous voyez mieux les différences maintenant, à vous de choisir ! Evidemment, je suis parti pris, et je vous encourage à venir me voir, afin de mieux vous connaître et de mobiliser par vous-mêmes vos innombrables ressources à long terme. Il s’agit d’aller mieux, d’être plus fort, en sachant comment et pourquoi….

Comment se déroule une séance ?

cascades.jpgJe vous ai montré la semaine dernière tout le bénéfice que la sophrologie a tiré de l’hypnose. Maintenant, voyons comment elle a su se différencier. Quoi de mieux qu’une séance pour constater les différences et comprendre comment la sophrologie fonctionne ? Une séance ordinaire se déroule en six temps :

– l’anamnèse : un temps d’échange pour obtenir des informations afin d’établir ou modifier le parcours d’accompagnement. Je peux ainsi évaluer les besoins, les attentes, les progrès, mais aussi les questions du client, ainsi que son entraînement depuis la dernière séance. Ce temps dure plus longtemps lors de la première séance, et un peu moins par la suite.

– le dialogue pré-sophronique : très court, cela me permet de décrire les exercices que je propose au client (le sophronisé). Ainsi, je lui montre comment ces exercices sont liés à son objectif, afin que l’imprégnation soit la plus optimale et l’effet le plus bénéfique.

– la relaxation dynamique : je propose un enchaînement d’un à quatre exercices. Ils s’appuient sur la contraction musculaire et la respiration contrôlée. Le sophronisé peut alors se relâcher, renforcer sa concentration et développer la représentation de soi. Cela lui facilite l’accès au niveau sophrolominal. C’est un pré-requis avant la sophronisation.

– la sophronisation : elle permet de créer des ressentis positifs à l’état sophroliminal. Ces ressentis vécus lors de cet état permettent la prise de conscience. Cela s’intègre corporellement et mentalement chez le sophronisé. Le sophrologue utilise des techniques, notamment la visualisation pour prendre conscience des capacités, l’ancrage pour intégrer les ressentis etc.

– dialogue post-sophronique : c’est surtout un temps d’expression pour le sophronisé

– clôture de séance : on organise l’entraînement personnel du sophronisé jusqu’à la prochaine séance

En voyant ce déroulé de séance, on comprend bien que la sophrologie a progressé grâce à diverses sources : évidemment l’hypnose, comme on l’a vu, qui est surtout à l’origine du quatrième temps, celui de la sophronisation. Mais aussi la phénoménologie : la sophrologie en a gardé l’approche qui privilégie l’expérience à l’intellectualisation. C’est le fait de laisser les phénomènes émerger à la conscience, sans jugement, afin de poser un nouveau regard sur des ressentis, les vivre avec un autre état d’esprit. Ainsi, on peut vivre différemment des idées, des objets ou des ressentis (comme la douleur par ex.). La respiration est un bon exemple : je n’explique pas en séances le cycle respiratoire, mais je propose une expérience de la respiration afin d’apprendre à la ressentir, puis à la contrôler afin de l’utiliser au quotidien pour de multiples bénéfices (détente, angoisses chassées, concentration etc.).

Le yoga a beaucoup influencé aussi la pratique de la sophrologie. Sa pratique permet d’atteindre des états et des niveaux de conscience modifiés. Il permet aussi un travail sur la respiration. Les exercices de relaxation dynamique s’inspirent du yoga. Ils prennent aussi racine dans la relaxation pratiquée dans les années 1930 (méthodes de Schulz et Jacobson), qui visait le développement de l’auto-concentration, le relâchement musculaire, l’évasion à travers des visualisations, afin de diminuer (voire supprimer) physiquement les tensions musculaires et mentalement les idées parasites. Cela rappelle les séances de sophrologie, et confirme l’importance de l’entraînement et l’investissement personnel du client.

Le bouddhisme a également influencé la pratique de la relaxation dynamique, non pas dans ses aspects philosophiques ou religieux, mais pour ses voies d’accès également à d’autres états de conscience. On en retient en sophrologie le fait de laisser l’esprit ouvert, de se contempler de l’extérieur.

La sophrologie est une expérience, c’est un moyen de connaissance de soi et d’épanouissement personnel. Elle propose des techniques concrètes, auxquelles il faut s’entraîner, et des visualisations adaptées à l’individu. Le champ est plus libre que dans l’hypnose. L’espace est donc plus important pour l’émergence de sensations et d’émotions qu’on doit accueillir avec bienveillance. La place du sophronisé est donc d’autant plus importante. N’oublions pas que c’est le client l’acteur des séances, pas moi, qui ne fais que l’accompagner… Petit focus sur le sophronisé la semaine prochaine, avant de clore cette thématique !

Etat sophroliminal : qu’est-ce donc, à quoi ça sert ?

Comme on l’a vu la semaine dernière, le principal point commun entre hypnose et sophrologie concerne l’état de conscience modifié, celui qui se situe entre veille et sommeil. Il faut déjà mieux comprendre ce qu’est cet état, car c’est dans ce contexte que l’hypnose et la sophrologie peuvent intervenir, mais pas de la même manière…

Le cerveau produit diverses ondes, qui caractérisent l’état de conscience dans lequel il est. En état de veille, le cerveau est en ondes bêta, c’est notre conscience quotidienne. Lorsqu’on dort, ce sont les ondes theta. Entre les deux, il y a les ondes alpha, qui sont celles de cet état de conscience modifié dont j’ai parlé la semaine dernière. Ces ondes alpha sont d’ailleurs visibles sur un Electro-Encéphalogramme (EEG). En sophrologie, on appelle cet état « état sophroliminal ». Dans ce moment, les mécanismes de défense psychique et les filtres sont diminués, donnant ainsi à l’individu accès à une part de conscience qu’il ne connaît pas lors de l’état de veille. Les sensations sont alors décuplées. On peut alors, dans cet état, modifier ses propres croyances ou perceptions, en stimulant la mémoire, en exacerbant les perceptions internes et externes. En quelque sorte, rendre réelle l’imagination et la projection mentale. On peut aussi prendre du recul, relativiser, et surtout pouvoir s’écouter soi-même et se connaître, s’accepter. On peut dès lors augmenter nos motivations, nos envies, notre concentration.

C’est sur cet état que travaillent l’hypnothérapeute et le sophrologue. Ils vont entraîner l’individu dans cet état sophroliminal afin que le client puisse avoir accès à ses ressources. Pour plonger l’individu dans cet état, les deux praticiens ont recours à une méthode. C’est là que nos différences commencent à apparaître : l’hypnothérapeute utilise la suggestion, via des inductions directes ou indirectes. Il dialogue plutôt avec l’inconscient pour induire un comportement nouveau, alors que le sophrologue travaille sur le conscient (accessible dans l’état sophroliminal). Plutôt que la suggestion, le sophrologue fait appel à un terpnos logos : c’est un discours d’accompagnement favorisant l’autonomie. C’est le client qui finit par s’auto-suggérer à lui-même des éléments. Le client est donc beaucoup plus acteur de son bien-être.

L’hypnothérapeute est important dans l’hypnose ; en sophrologie, c’est le client le plus grand acteur, le sophrologue est un outil.

Le sophrologue est comme un guide de montagne : il discute avec les alpinistes de leur objectif. Avec eux, il évalue leurs capacités à y parvenir et propose la meilleure voie d’accès. Il aide donc à atteindre un but, il ne s’encorde pas pour tirer les clients. Or, au fil des séances de sophrologie, quel que soit l’objectif visé par mes clients, je les vois tous progresser, gagner en autonomie, grâce à un ordre de séances et d’objectifs bien établis en fonction de leurs besoins et de leur accord. Lorsque nous arrivons à la fin de cette ascension, ils se rendent compte qu’ils n’ont plus besoin de moi pour demeurer où ils sont, voire progresser par eux-mêmes, car ils se connaissent mieux, avec toute leur force et leurs ressources.

La sophrologie est donc héritière de l’hypnose, mais elle a pris un autre chemin ensuite, non pas par contradiction ou rivalité, mais parce qu’elle a été soumise à diverses influences qui déterminent aujourd’hui tous ses fondements : induction, mais aussi relaxation dynamique et visualisations. Vous allez voir tout cela la semaine prochaine !